Dimanche 21 mars 2010
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Aujourd'hui, deux Palestiniens ont été tués au carrefour d'Awarta par des soldats . Selon l'armée, les
deux hommes, habillées en paysan, ont attaqué les soldats avec une fourche et des tessons de bouteille, qu'ils ont agités vers eux en hurlant. Selon des sources palestiniennes, il s'agit de
deux cousins de 19 ans, travailleurs agricoles du village voisin, qui avaient en main leurs outils.
Dans la même région de Naplouse, les incidents d'hier au village de Burin ont fait un 2ème mort, des
suites de blessures critiques à la tête(voir précédent) . Il aurait été touché au crâne par une balle réelle, selon des médecins palestiniens et l'association israélienne B'Tselem
évoque des radios "qui montrent clairement une balle qui a pénétré le crâne du blessé".
L'armée israélienne reste sur sa position, déclarant toujours n'avoir utilisé que des gaz puis des
balles en caoutchouc mais un officier a été cité anonyment dans le bulletin matinal de la Radio Militaire :" les deux jeunes sont morts parce que les soldats n'ont pas suivi le
protocole d'engagement. L'usage des balles en caoutchouc est prévu pour éviter les blessures et la mort. Seul le non-respect des règles d'engagment peut amener un tel bilan, a déclaré
l'officier."
L'armée israélienne a ouvert une enquête qui, selon certains officires, pourrait examiner les dangers
précis d'une balle en caoutchouc et même limité son usage à terme.
Par Denis Brunetti
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Samedi 20 mars 2010
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18:37
Cela ne va sans doute pas calmer la tension, on a appris cet après-midi la mort d'un jeune Palestinien de 16 ans ,
Mohamed Qadus, près de Naplouse en Cisjordanie. Il faisait partie d'un groupe de manifestants lançant des pierres contre l'armée. Selon les témoins et des médecins palestiniens, il a été tué d'une
balle dans la poitrine, mais l'armée affirme qu'elle n'a utilisé que des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes. Un autre jeune de 15 aurait été touché à la tête. Les incidents se sont
produits dans le village de Burin, près de Naplouse. L'armée dit etre intervenue pour empêcher des incidents entre des colons juifs et les Palestiniens, incidents qui interviennent
fréquemment entre la colonie de Bracha et le village de Burin. Selon les Palestiniens, des colons étaient venus attaquer le village avant que l'armée n'arrive. Selon l'armée, les Palestiniens
se sont heurtés à l'armée en voulant s'en prendre à la colonie.
Par Denis Brunetti
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Jeudi 18 mars 2010
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20:39
Les Palestiniens les appellent les "moustarabin" , les Israéliens "Mistaravin" , en français les "arabisants" ou plutôt "ceux qui essaient d'être
arabes". C'est l'unité de policiers en civil, déguisés en manifestants palestiniens, un keffieh ou une cagoule sur la tête, mêlés à la foule des jeunes , lançant parfois eux- mêmes des
pierres pour donner le change. Certains parleraient arabes, venant de la communauté druze, au nord d'Israel.
Quand les policiers et les garde-frontiières lancent la charge contre les jetteurs de pierre, les moustarabin tombent le masque et se jettent sur des manifestants qu'ils ont reperés pendant
les incidents. On les a vus en action mardi dernier lors de la journée "de la colère" à Jerusalem. Lors des affrontements, dans le quartier d'As Suwani, les photographes ont pris des
clichés de ces agents en civil qui sortaient parfois un pistolet pour protéger leur action. Ils étaient au moins une demi-douzaine ce jour-là, qui juste après les interpellations se sont engouffrés
dans un minivan blanc et ont disparu. On les a vus souvent mais leur apparition cette semaine a encore fait parler d'eux. Et les jeunes "shabab", en keffieh, se mettent même à s'organiser contre
eux. Il se raconte à Jerusalem-Est que les jeunes manifestants prennent maintenant un couteau dans leur poche. Si soudain un policier en civil tente de l'interpeller, un coup de couteau
rapide permettra d'échapper à la prise et de fuir à toutes jambes. Certains organiseraient même des petits groupes de manifestants "en surveillance", qui ne jettent pas de pierres, mais
attendent que les policiers en civil se découvrent pour fondre sur eux.
Cette unité en civil est sans doute issue des sections YAMAS du contre-terrorisme , créées depuis 1989 ,qui utilisent des techniques de déguisement pour infiltrer ou
effectuer des arrestations surprises dans des villes palestiniennes ; ils appartiennent au corps des Garde-Frontières et ont été utilisés pour la Cisjordanie, pour la bande de Gaza et pour
Jerusalem.
Selon le journal Haaretz, l'unité de police de Jerusalem serait incluse dans l'unité Lahav 433. Le haut commissaire dela police David Cohen avait reconnu sa création , en insistant sur la
nécessité d'avoir des renseignements dans la communauté arabe israélienne, contre le crime organisé.
Cette unité spéciale de la police a même été sujet de questions cette semaine à la Knesseth par des députés arabes israéliens. "Une telle unité fait des provocations , pour laquelle la
communauté arabe est mise en cause" a dit le président du parti Balad, Jamal Zahalka. . Des députés arabes israéliens ont protesté , en affirmant que le principe d'une telle unité
revenait à accuser de fait la communauté arabe des désordres. L'association arabe de droits de l'homme Adallah a annoncé qu'elle enquêtait et qu'elle envisageait des recours juridiques.
Une telle unité existe aussi tres officiellement depuis des années dans l'armée israélienne : ce sont les soldats israéliens du Commando Duvdevan ( "Cerise") de Tsahal qui
opère dans les Territoires Palestiniens, en Cisjordanie tandis que le commando Shimshon s'infiltrait autrefois à Gaza . Là il s'agit de recrues israéliennes qui ont une longue formation, pour
leur apprendre non seulement les techniques de combat rapproché( krav maga), de snipers etc, mais aussi les coutumes arabes, la langue, la tenue,y compris l'utilisation de postiches, verres de
contacts etc.
Par Denis Brunetti
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Mercredi 17 mars 2010
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3000 policiers étaient encore sur le pied de guerre aujourd'hui à Jerusalem après les affrontements d'hier, même la ville était calme.
Mesures d'apaisement, l'armée a finalement décidé de lever le bouclage des Territoires Palestiniens en place depuis vendredi. Et les accès de la Vieille Ville et de l'Esplanade des Mosquées
-interdits aux hommes de moins de 50 ans depuis 5 jours- ont été réouverts même si des policiers veillaient aux entrées.
Si les incidents ont été contenus sans blessés graves hier, on a signalé tout de même un coup de feu contre la police dans le quartier de Ras Al Amoud à Jerusalem et 2 bus visés par des jets de
pierre à Jaffa, la ville arabe près de Tel Aviv, un lieu généralement épargné par les manifestations.
Aujourd'hui, des incidents sporadiques ont cependant gagné la Cisjordanie près de Naplouse, d'Hebron. Ce soir des dizaines de jeunes lançaient des pierres au barrage militaire de Qalandiah, près de
Ramallah.
Par Denis Brunetti
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