Dimanche 24 janvier
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12:45
Les nuages se sont amoncelés ces derniers jours vers le Liban. La semaine dernière, le Premier Ministre libanais
Saad Hariri et le président Suleiman ont dit à l'Envoyé spécial d'Obama, George Mitchel qu'ils craignaient une attaque d'Israel sur le Liban. Ils citaient l'augmentation de survols plus nombreux
du Liban par l'Armée de l'air israélienne et des exercices militaires à la frontière israélienne. Le premier ministre Hariri aurait aussi prévenu Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner
lors d'une récente visite à Paris.
En fait, Israêl pourrait vouloir viser le Hezbollah , le mouvement chiite libanais, très lié à l'Iran. C'est la bête noire et une des menaces d'Israel dans la région, d'autant que l'Etat
hebreu l'accuse d'avoir renforcé son arsenal militaire en missiles venus d'Iran ou de Syrie, contrairement aux accords de cessez le feu de 2006 censés stopper l'armement du Hezbollah.
D'ailleurs, selon un journal arabe jeudi dernier, le Hezbollah aurait averti ses cadres et ses miliciens au Sud Liban et dans la plaine de la Bekaa de se méfier d'une attaque israélienne , de
raids-surprise contre des bases du Hezbollah et de prendre les mesures en conséquence.
Hier, un ministre israélien sans portefeuille, Yossi Peled, a lancé lors d'un meeting "Nous ne pouvons dormir tranquille (...)nous allons avoir un nouveau round dans le Nord, mais
je ne sais pas quand"..
Le quotidien arabe Al Sharq al Awsat rapportait hier que le président Sarkozy aurait pressé Israel d'épargner les infrastructures du Liban , en cas d'attaque ( sous-entendu contre le
Hezbollah), mais qu'il aurait aussi demandé aux Libanais d'éviter tout ce qui pourait justifier un assaut israélien.
Tensions diplomatiques, rumeurs de plan, fuites militaires ?
Le premier ministre israélien Netanyahu s'est tout de meme fendu d'un communiqué hier pour démentir officiellement tout plan d'attaque : "L'Etat d'Israel ne recherche aucune
confrontation avec le Liban" dit le bureau du Premier Ministre
Par Denis Brunetti
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Mardi 2 décembre
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18:00
Drôle de communication entre Liban et Israël. Les pays étaient en guerre, ils sont encore en hostilité. De passer
de l'un à l'autre crée son lot de surprises.
Comme téléphoner par exemple. Impossible de téléphoner en Israel depuis Beyrouth. le meme disque vous répond que c'est un mauvais numéro... Tout simplement, les
communications ont été coupées, pour les telephones fixes israéliens et les mobiles. D'Israel, quelqu'un peut vous appeler..mais il devra savoir aussi qu'on estime à 6 à 8000 lignes
surveillées par les renseignements militaires ou la gendarmerie libanaise!
Dernière nouveauté, on ne peut pas appeler un téléphone israélien, mais on peut joindre un numéro de mobile palestinien! C'est qu'il y a 2 mois, le ministre palestiniens des Telecoms est venu au
Liban ..
Internet aussi est concerné, les serveurs israéliens ne peuvent pas envoyer de mails. Il se dit qu'une guerre de hackers a eu lieu entre le Hezbollah et les services
israéliens.
Par Denis Brunetti
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Lundi 1 décembre
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15:53
En pleine crise financière, il y a un gouverneur de banque centrale heureux : pour Riad
Salamé, le gouverneur de la banque du Liban, « la crise a épargné le pays, il y a même eu des afflux d’avoirs financiers dès les faillites des banques américaines » nous dit-il
dans son immeuble de la rue Hamra. Le New York Times parle de 575 millions de dollars qui ont été rapatriés au Liban dès
octobre.
Les hommes d’affaire libanais en Europe ou aux Etats-Unis ont vite compris le danger et préféré la sécurité des
banques libanaises.
Le système bancaire libanais n’a pas été contaminé par le virus américain des subprimes et autres produits
financiers spéculatifs. Car les règles ici sont plus strictes, les banques doivent conserver des avoirs en obligations du gouvernement. Autre facteur, les banques sont dirigées par leurs
propriétaires qui songent à leur patrimoine et non par des managers de haute finance qui s’en tirent avec des parachutes dorés : « les actionnaires ne sont pas dispersés comme en
Europe ou aux Etats-Unis, c’est un facteur très important, les dirigeants des banques pensent à plus
long terme qu’à fournir des dividendes maximum immédiatement » explique Fadi Osseiran , directeur général de Blom Invest, une des
principales banques d’affaires de Beyrouth.
Comme partout cependant, existe la crainte d’une recession mondiale : les revenus des expatriés libanais (
qui representent 5 à 6 milliards de dollars transférés chaque année) pourraient fondre et l’économie libanaise en pâtir. A Beyrouth, chacun parle des
Libanais employés dans le Golfe et qui pourraient se retrouver au chomage et de retour au pays.
Mais pour le
moment, la croissance économique est bonne, 6% en 2008. Dans le centre-ville de Beyrouth, les grues ont poussé comme des champignons pour une reconstruction de luxe.
Les financiers craignent en fait surtout l’instabilité politique avec, par exemple, les prochaines élections
législatives au printemps, qui nuisent à l’image de stabilité qu’apprécient les investisseurs.
Par Denis Brunetti
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Dimanche 30 novembre
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17:30
Le Liban et Israël ont décrété la "cessation des hostilités" en septembre 2006, après une guerre de 33 jours. Mais ce n'est toujours pas la paix entre les
deux pays. Impossible donc de franchir la frontière terrestre entre les deux pays. Il faut venir par un pays tiers ou par la voie des airs. Impossible aussi d'entrer au Liban
avec un tampon israélien sur le passeport ; à l'inverse, il est possible d'entrer en Israel avec un tampon libanais...mais cela vous attire la suspicion et d'eventuels contrôles poussés de la
part de la sécurité israélienne.
Mais passées les difficultés administratives, il faisait beau ce week-end à Beyrouth et les rues
animées , cependant toujours sous un certain contrôle de l'armée en de nombreux points de la ville. Ici des camions de patrouille, à tel carrefour un petit blindé. Et
naturellement tout le centre-ville autour du Sérail (le siège du gouvernement) est étroitement protégé par des hommes en armes. La tension politique persiste, un journaliste
chrétien a été frappé lors d'une manifestation du camp pro-syrien. Nul ne sait ce qu'il adviendra pour les prochaines élections législatives prévues en avril.
Mais la vie continue . Dans les magasins des quartiers chrétiens, on prépare Noêl, les sapins
enguirlandés et les crèches ont poussé.
La vie nocturne garde sa réputation dans les quartiers de Gemmayzeh ou de Monnot . Embouteillage de 4X4 et de berlines rutilantes. La musique
sort par les fenêtres, les filles en descendent en minijupe.
Ce dimanche , règne une animation particulière dans le centre de Beyrouth dimanche pour le Marathon de
Beyrouth. Plus de 25 000 participants, jeunes, vieux, handicapés ou jeunes filles voilées, ont participé au marathon lui-même ou aux petites courses de 5 et 10 kms au nom de la Lutte
contre le Cancer. Le parcours est aussi protégé par des policiers et des militaires en treillis, M16 à l'épaule. Départ et arrivée ont eu lieu place des Martyrs, d'habitude le lieu des
grandes manifestations
politiques qui connaissait aujourd'hui une ambiance de kermesse.
Par Denis Brunetti
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Dimanche 30 mars
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30
/03
/Mars
00:00
Je vois que le film israélien "Beaufort" est sorti cette semaine en France. L'histoire de jeunes soldats dans un fortin libanais sur le mont Beaufort en 2000. Une position isolée, des roquettes et des mortiers qui leur tombent régulièrement dessus.. et bientôt le retrait israélien de ce Liban. Une sorte de huis clos, souvent oppressant, une sorte de "Desert des tartares" sous des abris en béton. Un film de guerre anti-guerre..
Le film est tiré du roman "Beaufort" de Ron Leshem, qui fut un gros succès en 2006 (en hébreu "S'il y a un paradis..."). Curieusement, autant le film est parfois lent, silencieux, lourd, autant le livre est nerveux, bavard, explosif. Le film voit l'officier à travers le regard des soldats, avec le livre on est dans son crâne. On est dans ses pas, dans ses pensées, dans ses mots, avec une langue riche, libre, bourrée d'argot, de réparties, d'histoires de sexe et de fanfaronnades, entre deux réflexions sur l'Israêl d'aujourd'hui (traduction superbe de Jean-Luc Allouche). Une langue qui pourrait être celle de "Las Vegas parano" et autre journalisme gonzo.
Juste pour vous dire : lisez le livre !
Par blog-correspondant-a-jerusalem-tf1
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