Denis Brunetti
Au cœur du Proche Orient je couvre pour TF1 et LCI l'actualité et ses crises mais aussi la vie quotidienne et ses surprises. Au delà des reportages de 13H ou de 20H, je veux vous raconter ici d'autres fragments, d'autres photographies de la misère à Gaza, des branches de Tel Aviv ou du bouillonnement du Caire. Ici je ne couvre pas... je découvre .

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Mardi 22 juin 2010 2 22 /06 /Juin /2010 20:32

Après près de 3 ans au Bureau de Jerusalem, ma mission prend fin et ce blog personnel aussi . Un autre correspondant, Patrick Fandio, me succèdera à  la rentrée.

En ces derniers moments, je repense à cette algarade que m'avait lancé un Israélien au début de mon séjour. C'etait une dispute banale d'automobiliste lorsque mon interlocuteur remarqua sur le pare-brise un autocollant de la Presse Internationale.

- Vous êtes journaliste? dit il alors.

En confirmant , je  crains alors que dans un pays sensible à ce qu'on dit de lui à l'extérieur, je devienne une victime expiatoire pour les medias en général.

Mais , un peu à l'anglosaxonne, on est parfois plus respectueux du travail des  medias ici , tout en les critiquant de manière acerbe. Et l'homme en colère me lance simplement :

" Alors finissez votre boulot, et ensuite rentrez chez vous"

 

Voilà, j'ai "fini le boulot" et je m'en vais. Merci à ceux qui m'ont encouragé.


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Samedi 8 mai 2010 6 08 /05 /Mai /2010 16:40

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Voyage au Sultanat d'Oman, un pays où, dans la rue,  le voile est la coutume pour les femmes: les cheveux  comme le corps sont couverts de la longue abaya noire ,comme la dishdasha blanche  et la petite toque pour les hommes.

CIMG2870 (Small)Le petit sultanat, qui vit de son pétrole et de son gaz, tient à garder ses traditions.Même si le pays cotoie Dubai, sa modernité , même si à Muscate la capitale, les supermarchés Carrefour et les Mac Donalds se sont implantés, qu'ici les jeunes branchés  pensent à sortir la nuit en  jeans et t shirts de marque, la tradition est encore visible dans la tenue de la rue. Femmes et hommes seuls  sont séparés dans les endroits publics, et le vêtement traditionnel couvre  jusqu'aux pieds. Certaine mode veut même que les femmes portent l'abaha trainante, balayant le sol. Quelques niqab, voilant le visage, ici et là mais loin de la majorité.A l'extérieur de la capitale, le voile est plus souvent coloré, mais aussi long.CIMG2868 (Small)

 

 

 

 

 

Et l'histoire du  projet de loi sur la burqa en France est arrivé jusqu'ici. Pas toujours de la manière que l'on croit. Anecdote dans un magasin d'abayas, où la vendeuse interpelle le Français: "Donc vous allez interdire la  burqa en France? " On imagine déjà  la critique, la discussion sur la tradition , l'Islam etc mais pas du tout. "C'est vrai qu'ici, poursuit-elle, cela se porte aussi de moins en moins. Il y a 20 ans, il y avait peut-être 80% des femmes qui portaient le niqab, mais maintenant ça disparait. Il n'y a peut etre que 10% qui la portent, et surtout en province". Un vendeur se mêle à la conversation : "D'ailleurs, en Belgique, c'est déjà interdit, non? Fini, voilà, c'est fini".

 

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Lundi 15 mars 2010 1 15 /03 /Mars /2010 12:27
"Mais je n'ai jamais dit cela !" L'ambassadeur de France  à Tel Aviv, Christophe Bigot, a moyennement  apprécié de se retrouver  impliqué  dans la polémique Al Doura .
Ce ne sont que quelques lignes du Jerusalem Post,  dans une interview de Philippe Karsenty  : l'homme  qui se bat depuis 8 ans pour affirmer qu'un reportage de France 2 sur la mort d'un petit Palestinien  est une mise en scène. Or selon le quotidien francophone ,  l'ambassadeur le soutient  : "J'ai rencontré en décembrer dernier l'actuel ambassadeur de France en Israel, Christophe Bigot. C'est quelqu'un d'intelligent. Il a vu la présentation. Il a vu que c'était une mise en scène ".
Pour Philippe Karsenty, l'affaire Al Doura est   le combat d'une  vie. Il plaide sur toutes  les tribunes possibles  pour affirmer que le reportage  de France 2 montrant  le petit Mohamed Al Doura tué dans les bras de son père lors d'un échange de tirs entre l'armée israélienne et des Palestiniens, est  une  pure mise en scène .  Sa petite agence de notation  media l'avait affirmé, France 2 l'a attaquée en justice, gagné un premier procès en 2006. Philippe Karsenty a finalement été relaxé en 2008 ,  la Cour semblant se convaincre d'un certain nombre de ses arguments  et  évoquant  le  "droit à la libre critique".
Philippe Karsenty ne manque pas une occasion de convaincre et  l'ambassadeur l'a reçu, "comme n'importe qui peut en faire la demande ",  a-t-il expliqué à plusieurs journalistes. L'ambassadeur  a regardé sa  video de 45 minutes . Mais  il dément avoir donné un quelconque assentiment à sa version. C'est une affaire de justice et l'Etat français ne s'en mêle pas, a-t-il commenté.

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Jeudi 4 mars 2010 4 04 /03 /Mars /2010 11:44
C'était un journaliste réputé, qui devint même rédacteur en chef d'un des plus grands journaux du pays. Il révèle aujourd'hui dans une interview :"Oui j'étais un agent du Mossad".
Herbert Pundik, un journaliste danois et israélien, a  raconté  comment on franchissait la ligne  au grand quotidien danois Dagbladet. Il  est né en 1927 au Danemark, m ais il a émigré en 1948 à la création de l'Etat d'Israel. Il y a fait son service militaire et vécut en Israel depuis 1954. Il était aussi journaliste pendant 23 ans pour le  quotidien danois Politiken, un journal réputé, plutôt de gauche, proche de l'intelligentsia.  Dans les années 60, Pundik est aussi rédacteur en chef du magazine dominical de Davar ( journal du  syndicat israélien  Histadrout et proche des travaillistes).
"Dans le passé, Herbert Pundik a défendu passionément Israel, et aujourd'hui il critique autant son pays. C'est un modèle pour les journalistes sur le Moyen orient, avec une immense culture et une admirable capacité d'analyse. Il est considéré comme une autorité morale pour son sens critique. Mais peu de gens savent qu'il a travaillé pour le Mossad quand il était journaliste". Ainsi commence l'interview .
Pundik a en effet admis que dans les années 60, durant ses reportages en Afrique, il fournissait des informations au Mossad. "J'ai voyagé dans toute l'Afrique avec la couverture de journaliste. En général, quelle est la frontière entre l'espionnage et le journalisme? Par exemple j'ai écrit une analyse détaillée des tribus en Somalie et de leur attitude envers les partis politiques. J'ai enquêté aussi au Nigeria sur la situation politique. C'étaient des choses qui intéressaient aussi les journaux pour qui je travaillais".
"Oui, c'etait de l'espionnage et je l'ai fait à la seule condition, que mes rapports soient aussi fournis au Danemark". On ne lui a jamais demandé d'espionner le Danemark :" le Danemark est trop petit et le Mossad a un principe de base : ne pas recruiter des Juifs pour espionner contre leur pays". Une analyse sans doute discutable si l'on pense au cas de Jonathan Pollard ou à l'utilisation éventuelle de l'identité d'Israélo-Britanniques ou Israélo-Irlandais dans l'affaire de Dubai.
Herbert Pundik déclare qu'il a coupé les contacts avec le Mossad en 1970 quand il est devenu rédacteur en chef de Politiken.
Le journal israélien Haaretz, en rapportant l'affaire, rappelle que le Mossad a souvent utilisé des correspondants étrangers, par exemple dans les années 90, quand Israel a voulu rapatrier les Juifs Yéménites et qu'il a demandé à des correspondants étrangers de prendre des contacts dans cette communauté
.Dans les années 60, le Mossad aurait utilisé des journalistes israéliens  comme Ben Porat et Uri Dan , pour obtenir des adresses de scientifiques qui aidaient le programme de missiles égyptien. Mais la pratique aurait été abandonnée depuis.
Le journaliste  du Haaretz qui n'est autre que Yossi Melman, célèbre spécialiste du renseignement  ajoute  que même s'ils ne travaillent pas pour le Mossad, de nombreux journalistes israéliens ont des contacts avec les services de renseignements. Plusieurs ont  été officiers dans les Renseignements Militaires, le Mossad ou le Shin Beth.


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Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /Jan /2010 11:30
L'envoyé spécial américain pour le Proche Orient, le sénateur George Mitchell, est donc reparti hier d'Israel et des Territoires Palestiniens après avoir rencontré encore dimanche  Benyamine Netanyahu et Mahmoud Abbas. Sans résultat. Le processus de paix est au point mort. C'est même le processus du processus de paix qui est en panne puisque les chances d'une reprise de simples discussions israélo-palestiniennes sont repoussées aux calendes grecques.
Pendant la venue de Mitchell, Benyamine Netanyahu a planté  symboliquement un arbre dans les colonies historiques de Goush Etzion, affirmant "nous plantons ici, nous resterons ici, nous construirons ici". Si, certes ce bloc , près de Jerusalem, est souvent considéré comme un des éléments d'un échange futur de territoires lors de la création d'un Etat Palestinien, le geste a ressemblé à une provocation.
Mahmoud Abbas demande toujours à ce que les Israéliens gèlent toute colonisation en Cisjordanie ; c'est ce qu'avait aussi demandé Barack Obama, qui , ensuite, a seulement demandé une certaine "retenue" aux Israéliens.
Les positions sont campées.  Et Barack Obama parlant dans son interview au Time magazine d'un "problème inextricable" a regretté avoir "suscité des attentes aussi fortes" : "le processus de paix n'a pas avancé", reconnait-il aujourd'hui.
Côté israélien, on n'est pas mécontent d'avoir résisté à la pression américaine sur la colonisation.Côté palestinien, il y a de l'amertume. Un analyste palestinien  de l'université de Bir Zeit, parle "d'abandon de tout processus politique crédible".
Certains medias ont évoqué une possible démission du sénateur George Mitchell, déjà évoqué en octobre 2009, qui a lui-même reconnu jeudi très  diplomatiquement " les complexités et difficultés" de la quête de la paix. Nul ne sait quand il reviendra.

Dernière heure: George Mitchell aurait finalement proposé aux deux parties de lancer des discussions à un niveau "inférieur"; selon les Palestiniens il s'agirait de discuter d'aménagements de la vie quotidienne des Palestiniens.. mais les Israéliens ne semblent pas entendre ainsi ce "niveau" de discussions.
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Mercredi 16 septembre 2009 3 16 /09 /Sep /2009 18:22
C'était le vendredi 11 septembre, près de Bethleem, un endroit où peuvent se rejoindre Israéliens et Palestiniens. Et ceux là avaient décidé pour ce jour de célébrer la paix en partageant à la fois l'IFtar pour les musulmans (la rupture du jeune à la tombée du jour pendant le Ramadan) et le diner de Shabbat de ce vendredi pour les Juifs.  Ils étaient 130, ont observé une minute de silence et ont discuté de leurs traditions , de leurs fois, ceux des villes palestiniennes de Naplouse, Jericho ou des villes israéliennes de Tel Aviv et de Haifa ainsi que des étrangers venus des Etats Unis, d'Allemagne ou de France.
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Dimanche 30 août 2009 7 30 /08 /Août /2009 16:06
Madonna est arrivée ce dimanche après -midi dans son avion privé  à Tel Aviv où elle doit se produire lors de deux concerts mardi et mercredi prochain.  Elle s'est immédiatement dirigéee vers son hotel dans un convoi de 4 voitures, pour éviter les photographes. Elle habitera dans un hotel du bord de mer , le David Intercontinental, où elle accueillera aussi une centaine d'amis. Elle devrait profiter de son séjour pour visiter aussi Jerusalem et le Mur des Lamentations.
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Lundi 10 août 2009 1 10 /08 /Août /2009 20:13

C'est le maitre mot dans la région, surtout pour les Israéliens. Il est apparu sous une drôle de forme côté Palestinien, puisque depuis le 2 juillet, les policiers palestiniens imposent le port de la ceinture... de sécurité. Le décret a été publié le 1er juillet, imposant une amende de 200 shekels ( 36 euros) en cas de manquement. Protestations de ceux qui disent qu'il y a des problèmes plus urgents, comme le manque d'eau ou les checkpoints israéliens. La police palestinienne a finalement adouci la mesure en imposant la loi pour le conducteur et son passager avant, sans s'acharner sur les passagers arrière.
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Lundi 29 juin 2009 1 29 /06 /Juin /2009 21:54
Il y a foule sur les plages de Tel Aviv ces jours-ci ; les maitres-nageurs dans leurs cabines surélevées style Malibu préviennent par hauts-parleurs des dangers des tourbillons ou des vagues et puis de temps à autre on entend en hebreu, en anglais ou même en français  :"Attention il y a des voleurs sur la plage". Chacun rapproches ses affaires, jette un coup d'oeil soupçonneux alentour, et la plage continue son effervescence usuelle.
Si quelqu'un est volé, aussitot on cherche tout autour. Le scénario est connu : le voleur cherche de l'argent, fouille rapidement et jette le sac juste après. On ne signale pas particulièrement d'agression, encore qu'on m'ait raconté le cas récent d'un Français qui s'est fait menacer d'un couteau dans les toilettes de la plage...tout ça pour 20 shekels (3 euros). C'est tout ce qu'avait sur lui la victime. Une autre fois, c'est une femme qui s'écrie au vol...de sa paire de chaussures neuves!
Tel Aviv n'est pas la capitale de la criminalité. Il y a certes des mafias organisées pour la prostitution, le racket etc..mais dans les rues ou sur les plages, ce sont surtout de petits vols, parfois aussi dans les voitures : on regarde dans les voitures, on cherche une porte mal fermée ou on brise une vitre et le bras  se penche pour attraper ce qu'il peut à l'intérieur.
Un jour, un chauffeur de taxi a découvert sa vitre brisée, simplement pour le vol de la petite monnaie qui était en évidence dans le videpoches.
Dans les commissariats de Tel Aviv, les policiers recueillent les plaintes sans grand enthousiasme, surtout les jours de shabbat où  les bureaux sont déserts. L'agent remplit le formulaire, une déclaration de vol, un coup de tampon et au revoir . L'autre nuit , 3 personnes faisaient la queue à 1 heure du matin pour vol.
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Jeudi 25 juin 2009 4 25 /06 /Juin /2009 11:32
Les habitants de Nof Ayalon, un village uniquement habité de religieux ultraorthodoxes, dans le centre d'Israël, ont eu un choc un jour en voyant une jeune adolescente en bikini se pavanant chez eux. Ou lorsqu'ils ont repéré un autre , amateur de gothique et de piercing.
C'est la conséquence d'une émission de téléréalité anglaise qui s'est installé là en mai  pour son programme "Les parents les plus stricts du monde". On y place des jeunes difficiles dans des familles d'Hindous , de Chrétiens américains d'Alabama etc. Cette fois , c'étaient  2 jeunes adolescents marginaux venus d'Hampshire (Angleterre), Jack , 17 ans, et Gemmea 16 ans, dans une famille religieuse ultra orthodoxe , David et Tzipi Shaked, et 5 enfants , où l'on est strict sur l'éducation, la religion, l'autorité.
Naturellement, le plus gros clash qui ait jamais existé dans l'émission s'est produit : alors que les parents Shaked voulaient imposer des tenues reservées, la jeune fille les a nargués avec un bikini ... et les parents l'ont mise dehors de la maison. Elle a passé une journée et demi à l'hotel, grosse négociation avec la production avant qu'elle ne revienne en s'excusant. La jeune fille , assez coléreuse, a aussi été présenté,  avec son  petit camarade, à un survivant de la Shoah qui aurait eu toutes les raisons d'etre en colère contre le monde mais arborait un étonnant sourire." Cela leur a mis les choses en perspective" a commenté le producteur.
Pour le Shabbath , le jour religieux des Juifs qui observent un certain nombre de règles et de contraintes, les jeunes étaient parait-il plutôt curieux et ont observé sans rechigner les us et coutumes de la famille Shaked.
L'épisode doit être diffusé cet été en Angleterre. Gemma et Jack n'ont pas le droit d'être interviewés, mais selon la production, ils auraient l'intention de revenir cet  en Israël, l'une dans un kibboutz, l'autre à l'université.
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