Dimanche 7 mars 2010
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C'est le nouveau concept à la mode : l' "Intifada Blanche" a été lancée fin février par deux universitaires israéliens,
et reprise par un éditorialiste réputé, Aluf Benn, et circule maintenant comme un nouveau scénario politique dans le conflit israélo-palestinien.
Selon les universaires Shaul Mishal et Doron Mazza, le calme apparent de la région masque des pressions palestiniennes importantes. Les Palestiniens , expliquent-ils, ont compris la force de la
Revolution de Velours en Tchécoslovaquie puis de la Révolution Orange en Ukraine, des mouvements qui obligent les gouvernements à venir à la table de négociation et utilisent l'arme des
médias. Les chercheurs estiment que la stratégie d'une "Intifada blanche" est concevable, qui briserait l'agenda diplomatique concocté par les Israéliens et les Américains .
Selon ce scénario, les institutions palestiniennes seraient renforcées pour créer la structure d'un Etat Palestinien jusqu'à l'annonce officielle et largement diffusée d'un Etat nouvellement créé.
L'annonce serait naturellement associée à des demandes face à Israel, en particulier le retrait total de Cisjordanie.
Si Israel ne répondait pas à ces exigences, une campagne de boycott et de manifestations palestiniennes , mais aussi de sanctions écnomiques, soutenues par exemple par l'Europe,
acculerait le gouvernement israélien.
Ce scénario ressemble naturellement beaucoup aux idées développées par Salem Fayyad qui imagine l'annonce d'un Etat Palestinien dès la fin 2011, qu'il voudrait soutenir même par une demande
auprès du Conseil de Securité des Nations Unies. C'est à ce scénario qu'a fait brièvement allusion Bernard Kouchner en évoquant une déclaration "immédiate" d'un Etat Palestinien. Même si ses
propos ont été vite oblitérés par François Fillon et le président Sarkozy qui en sont revenus à l'agenda diplomatique traditionnel , soutenu par les Américains.
Salem Fayyad bénéficie à la fois de la réputation d'un excellent gestionnaire, d'un homme intègre, et meme de l'image du "modéré" soutenu par les Occidentaux. Il soutient de plus en
plus les manifestations populaires, tout en demandant qu'elles soient non-violentes. On l'a vu dernièrement dans les manifestations contre le Mur de séparation à Bilin, il a organisé aussi un
Conseil des Ministres extraordinaire à Hebron, accompagnant ainsi les protestations religieuses contre Netanyahu.
On comprend face à cette pression palestinienne l'insistance des Etats Unis à lancer officiellement la reprise des négociations "indirectes", dont il n'y a encore aucun détail et qui pourrait
ne démarrer que dans quelques semaines. Au moins, raconte un diplomate , cela donnera-t-il dans les jours qui viennent l'occasion d'une photo officielle et d'une annonce pour
célébrer l'action diplomatique américaine.
Par Denis Brunetti
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Publié dans : Negociations
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