Jeudi 4 mars 2010
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C'était un journaliste réputé, qui devint même rédacteur en chef d'un des plus grands journaux du pays. Il révèle aujourd'hui
dans une interview :"Oui j'étais un agent du Mossad".
Herbert Pundik, un journaliste danois et israélien, a raconté comment on franchissait la ligne au grand quotidien danois Dagbladet. Il est né en 1927 au Danemark, m
ais il a émigré en 1948 à la création de l'Etat d'Israel. Il y a fait son service militaire et vécut en Israel depuis 1954. Il était aussi journaliste pendant 23 ans pour le quotidien danois
Politiken, un journal réputé, plutôt de gauche, proche de l'intelligentsia. Dans les années 60, Pundik est aussi rédacteur en chef du magazine dominical de Davar ( journal
du syndicat israélien Histadrout et proche des travaillistes).
"Dans le passé, Herbert Pundik a défendu passionément Israel, et aujourd'hui il critique autant son pays. C'est un modèle pour les journalistes sur le Moyen orient, avec une immense culture et
une admirable capacité d'analyse. Il est considéré comme une autorité morale pour son sens critique. Mais peu de gens savent qu'il a travaillé pour le Mossad quand il était journaliste". Ainsi
commence l'interview .
Pundik a en effet admis que dans les années 60, durant ses reportages en Afrique, il fournissait des informations au Mossad. "J'ai voyagé dans toute l'Afrique avec la couverture de journaliste.
En général, quelle est la frontière entre l'espionnage et le journalisme? Par exemple j'ai écrit une analyse détaillée des tribus en Somalie et de leur attitude envers les partis politiques. J'ai
enquêté aussi au Nigeria sur la situation politique. C'étaient des choses qui intéressaient aussi les journaux pour qui je travaillais".
"Oui, c'etait de l'espionnage et je l'ai fait à la seule condition, que mes rapports soient aussi fournis au Danemark". On ne lui a jamais demandé d'espionner le Danemark :" le
Danemark est trop petit et le Mossad a un principe de base : ne pas recruiter des Juifs pour espionner contre leur pays". Une analyse sans doute discutable si l'on pense au cas de Jonathan
Pollard ou à l'utilisation éventuelle de l'identité d'Israélo-Britanniques ou Israélo-Irlandais dans l'affaire de Dubai.
Herbert Pundik déclare qu'il a coupé les contacts avec le Mossad en 1970 quand il est devenu rédacteur en chef de Politiken.
Le journal israélien Haaretz, en rapportant l'affaire, rappelle que le Mossad a souvent utilisé des correspondants étrangers, par exemple dans les années 90, quand Israel a voulu rapatrier les
Juifs Yéménites et qu'il a demandé à des correspondants étrangers de prendre des contacts dans cette communauté
.Dans les années 60, le Mossad aurait utilisé des journalistes israéliens comme Ben Porat et Uri Dan , pour obtenir des adresses de scientifiques qui aidaient le programme de missiles
égyptien. Mais la pratique aurait été abandonnée depuis.
Le journaliste du Haaretz qui n'est autre que Yossi Melman, célèbre spécialiste du renseignement ajoute que même s'ils ne travaillent pas pour le Mossad, de nombreux journalistes
israéliens ont des contacts avec les services de renseignements. Plusieurs ont été officiers dans les Renseignements Militaires, le Mossad ou le Shin Beth.
Par Denis Brunetti
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Publié dans : blog-correspondant-a-jerusalem-tf1
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