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Denis Brunetti
Au cœur du Proche Orient je couvre pour TF1 et LCI l'actualité et ses crises mais aussi la vie
quotidienne et ses surprises. Au delà des reportages de 13H ou de 20H, je veux vous raconter ici d'autres fragments, d'autres photographies de la misère à Gaza, des branches de Tel Aviv ou du
bouillonnement du Caire. Ici je ne couvre pas... je découvre .
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Comme tous les ans, c'était de dimanche à lundi le Jour du Souvenir de la Shoah et de l'Héroisme, célébré dans tout le pays.
Ceremonies officielles avec le président et le premier ministre au Mémorial Yad Vashem, sirènes durant 2 minutes qui ont arrêté toute vie, célébrations dans de nombreux lieux symboliques.
Au mémorial de Yad Vashem à Jerusalem, une délégation un peu particulière de jeunes Français était présente : il s'agissait de descendants de "Justes", ces hommes et femmes , non-juifs, honorés
par Israël et déclarés "Justes parmi les Nations", pour avoir sauvé des Juifs pendant la Guerre, en les ayant abrité, caché, fourni de faux papiers etc et ce au risque d'être arrêté et tué par
les Allemands.
Ceux-là étaient donc des jeunes, de 20 à 30 ans, et ce sont leurs grands-parents ou leurs arrière grand-parens qui étaient les héros et dont ils perpétuent la mémoire. Et Quentin, Caroline ou Adeline étaient très émus en voyant le nom de leur aieul gravé dans le marbre du Mur des Justes.
Quentin Debest, par exemple ,dont l'aieul était un gendarme qui a sauvé 75 Juifs de la déportation : "C'est un honneur d'avoir eu un héros dans la famille, certains ont des morts sur la conscience, lui a eu 75 vies sur la conscience" et et il a été ému en vu à Yad Vashem un rescapé des camps qui lui montrait son numéro tatoué sur le bras.
Nicolas Valbuena, qui a seulement découvert l'histoire de sa famille l'année dernière quand on a remis la médaille des justes à un cousin de sa grand-mère :"C'est un privilège d'avoir eu dans sa famille des gens courageux, qui n'ont pas posé de questions et ont sauvé des vies en prenant des risques".
Caroline Morel-à-l'huissier, fière et émue, a retrouvé sur le Mur les noms de ses grands parents et de son arrière grand mère. "Ils avaient des amis juifs, qu'ils ont décidé de cacher lorsqu'ils ont senti que cela ne se passait...pas bien. Ils ont caché certains dans leur appartement à Paris et d'autre chez l'arrière grand mère en Dordogne. Pourtant le village le savait et les Allemands sont passés dans le village mais c'etait une forte femme et elle a toujours trouvé les moyens de résister et de les cacher".
Adeline, a même retrouvé Berthe Badehi, qui a été abritée il y a 70 ans par l'arrière grand mère d'Adeline. Elle avait 9 ans à l'époque et ses parents, résistants, ont pu la placer dans cette exploitation agricole d'un petit village de Savoie. "J'y ai passé 3 ans, raconte Berthe, les plus belles années de mon enfance. Son grand père, dit-elle en serrant la main d'Adeline, était comme un grand frère pour moi. Et nous avons toujours gardé le lien. J'ai vu le père d'Adeline naitre. Et c'est ma famille. C'est le côté chrétien de ma famille! D'ailleurs nous ne sommes pas une famille juive ou une famille catholique, mais une famille"
Adeline à coté a les yeux mouillés de larme : "C'est bouleversant, je n'arrête pas de pleurer. Je suis très fier de ce qu'a fait mon arrière grand-mère. Sans elle, Berthe ne serait pas là, mais aussi ses enfants, ni ses petits enfants. Moi aussi j'enseignerai cela à mes enfants et à mes petits enfants. Car nous les jeunes nous avons le pouvoir et la chance de pouvoir le transmettre. Car il faut penser à ceux qui sont morts aussi, à ceux qui n'ont rien fait pour les aider."
Le parrain de la délégation est aussi ému. L'animateur de TF1 Jean Pierre Foucault a vu son père Marcel honoré en octobre 2009 comme Juste. Membre d'un réseau de résistance, il a en particulier sauvé une jeune Juive polonaise et des petits enfants. La jeune femme deviendra sa femme... et la mère de Jean-Pierre Foucault, qui longtemps n'a pas voulu mêlé son histoire privée à sa vie publique, à l'image aussi de son père :"Pour lui, il a fait cela parce que c'était normal, la preuve c'est qu'il n'en parlait jamais jamais jamais. Il a fait cela selon ses valeurs, son éducation et sa conscience. Ma mère, non plus , ne voulait pas en parler. J'ai raconté l'histoire seulement dans mon livre il y a quelques années et , ensuite, elle aurait voulu cette médaille des Justes. Etrangement elle est morte le 12 octobre 2008 et la reconnaissance est arrivée le 12 octobre 2009. " Il lit le nom de son père dans le marbre, Marcel Foucault, les caméras, les appareils photos l'entourent, c'est la première fois qu'il vient ici, il est fier et à la fois frappé que de nos jours on parle de "héros" " alors que ceux qui ont fait cela trouvaient cela normal, ils ont agi avec leur honneur et leur conscience". Il reviendra un jour ici avec sa famille, tranquillement, sans medias, sans foule, sans honneur. Pour se recueillier seulement sur ce souvenir.
Le déplacement était organisé par la Fondation France-israel, présidée par Nicole Guedh, qui en désignant la liste des
"Justes" ajoute :" Cela c'est l'histoire de France. Nous voulons montrer une autre image de la France, celle des perssones qui se sont levées pour accomplir des actes héroiques en sauvant des
Juifs".