Partager l'article ! Pas de "défonce" à Gaza: C'est la drogue la plus courante à Gaza, un puissant anti-douleur utilisé par des milliers de Gazaouites comme un ...

Denis Brunetti
Au cœur du Proche Orient je couvre pour TF1 et LCI l'actualité et ses crises mais aussi la vie
quotidienne et ses surprises. Au delà des reportages de 13H ou de 20H, je veux vous raconter ici d'autres fragments, d'autres photographies de la misère à Gaza, des branches de Tel Aviv ou du
bouillonnement du Caire. Ici je ne couvre pas... je découvre .
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C'est la drogue la plus courante à Gaza, un puissant anti-douleur utilisé par des milliers de Gazaouites comme un
anti-dépresseur. A peine sous le manteau, le Tramal était devenu depuis quelques années la petite pilule de secours contre la dépression, les angoisses, ou tout simplement pour beaucoup de jeunes
pour "se défoncer" le plus aisément possible.... et oublier par exemple le blocus, la misère ou la dernière guerre à Gaza.
Le Tramal, ou Tramadol, est un anti-douleur courant, légèrement opioide, mais à haute dose, c'est à dire par exemple une dizaine de cachets, il mène à des états artificiels.
Le Tramal a aussi fait sa réputation pour ses performances sexuelles, car il ralentirait la jouissance et autoriserait ainsi de longues nuits d'amour.
A Gaza, la plaquette de 8 comprimés se vend à 8 euros, soit en pharmacie sur prescription soit au marché noir. Car ce médicament arrive par cartons entiers par les tunnels clandestins sous la frontière égyptienne. Un représentant de l'OMS(l'organisation mondiale de la santé) estimait l'année dernière que près de 30% de la population entre 18 et 30 ans y avait touché. Les jeunes en trouvent à l'Université et même à l'école, où dernièrement un habitant me racontait qu'il avait changé ses enfants d'école car un trafic de Tramal y règnait sous les préaux, touchant des jeunes de 10 à 14 ans. Les personnes accoutumées souffriraient de manque quand ils s'arrêtent mais aucun effet nuisible à long terme n'a encore été formellement découvert;
Le Hamas a aujourd'hui brûlé publiquement 2 millions de petites pillules "du bonheur " dans un incinérateur de l'hopital central de Shiffa. Le mouvement islamique au pouvoir à Gaza a sans doute voulu montrer son autorité et donné un tour de vis supplémentaire sur la "moralité" puisqu'il a dans le même temps saisi des quantités de cigarettes de contrebande dans des boutiques, imposé une nouvelle taxe sur le tabac et publié des interdictions de fumer dans les administrations.
En décembre, déjà le Hamas avait adopté une nouvelle loi , rendant les trafiquants de drogue passibles de la peine de mort. Le procureur général expliquait à l'époque que la loi israélienne en vigueur avait été abandonnée au profit de la loi égyptienne de 1964 permettant l'exécution des trafiquants. Le Hamas avait annoncé avoir arrêté à l'époque 115 trafiquants et saisi 200 kilos de marijuana, 240 plaques de haschich et 2340 plants de marijuana dans une ferme de Gaza. Ce qui avait donné aussi lieu en décembre 20009 à une incinération publique des saisies.
Quant à l'alcool, il est toujours interdit à Gaza et les rares visiteurs, fonctionnaires internationaux, journalistes ou humanitaires qui peuvent entrer, sont systématiquement fouillés à l'entrée à la recherche de la traditionnelle bouteille de whisky que les Gazaouites ne dédaignent pas eux, recevoir en cadeau!