Partager l'article ! Ordre de censure en Israël: C'est l'affaire médiatique de ces derniers jours... et je ne pourrais vous en parler, étant basé à Jerusalem. Ce ...

Denis Brunetti
Au cœur du Proche Orient je couvre pour TF1 et LCI l'actualité et ses crises mais aussi la vie
quotidienne et ses surprises. Au delà des reportages de 13H ou de 20H, je veux vous raconter ici d'autres fragments, d'autres photographies de la misère à Gaza, des branches de Tel Aviv ou du
bouillonnement du Caire. Ici je ne couvre pas... je découvre .
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C'est l'affaire médiatique de ces derniers jours... et je ne pourrais vous en parler, étant basé à Jerusalem. Cela s'appelle
un ordre de censure et le Shin Beth (les services de renseignemnts israéliens) interdit à tout journaliste ou tout media en Israel de révéler cette enquête pourtant connue et
largement diffusée ...mais à l'étrangere.
Ainsi, même le grand quotidien israélien Yedioth Aharonot est réduit au silence et a publié un article intitulé ; "Qu'est ce que le Shin Beth ne veut pas que l'on
sache?" , tout en renvoyant ses lecteurs sur le site internet américain JTA (Jewish Telegraphic Agency ), qui raconte toute l'affaire.
Le journal populaire Maariv prend le ton de l'ironie : " En raison d'un ordre de censure, nous ne pouvons vous dire
ce que nous savons. En raison de notre fainéantise, de notre apathie et de notre foi aveugle dans l'institution militaire, nous ne savons rien du tout"
L'histoire est reprise pourtant dans de nombreux journaux britanniques et américains : The Guardian, The Independent,
Times on Line , ou en français sur certains sites internet comme Mondialisation.ca . La grande agence de presse Associated Press a aussi publié une longue dépêche sur
l'affaire... en prenant soin de la dater de New York.
Le journal israélien Haaretz et la chaine de télévision 10 ont déposé un recours contre cet ordre de censure. Mais l'affaire concerne la sécurité nationale, sujet tabou pour les services de
renseignements...même si n'importe qui peut lire toute l'histoire en français ou en anglais dans divers blogs et medias étrangers.
C'est désormais le grand jeu de nombre d'Israéliens de détourner ainsi la censure du Shin Beth en allant lire l'affaire qui a
même donné lieu à un groupe Facebook . Et pour cela, il suffit de chercher tout simplement sur Google "journaliste, Israel et censure" , par exemple , ou en anglais "journalist, gag order,
Israel"...