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Denis Brunetti
Au cœur du Proche Orient je couvre pour TF1 et LCI l'actualité et ses crises mais aussi la vie
quotidienne et ses surprises. Au delà des reportages de 13H ou de 20H, je veux vous raconter ici d'autres fragments, d'autres photographies de la misère à Gaza, des branches de Tel Aviv ou du
bouillonnement du Caire. Ici je ne couvre pas... je découvre .
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L'ordre de censure, qui a ému la presse israélienne, pourrait être levé demain, c'est ce qu'annonce ce soir le quotidien Haaretz. Les représentants de l'Armée et des Services de Renseignements devraient se présenter demain au tribunal de Tel Aviv pour retirer partiellement cette censure prononcée par la justice sur demande du Shin Beth et de l'Armée. Au bout de 3 mois et demi de silence, les journaux et medias israéliens pourraient enfin publier les noms des journalistes concernés et les chefs d'accusation à leur encontre.
L'affaire est d'ailleurs maintenant connue sous le nom d'affaire Anat Kam , le nom ayant été même divulgué par la Radio
de l'Armée. De nombreuses voix dans les medias israéliens se sont élevées contre ce black-out un peu artificiel, puisque des medias du monde entier et des sites internet ont déjà révélé toute
l'affaire . L'affaire a été racontée aussi bien dans le Times de Londres que dans des medias américains ou sur les sites du Monde, de Libération et de TF1..Internet étant à la portée du
public israélien, des magistrats ont eux même plaidé pour la levée d'une censure, devenu un secret de polichinelle et privant le public israélien de son droit à l'information.
Selon le Haaretz, le changement de position de l'Armée et des Services de Renseignements intervient en effet après des coups de téléphone de magistrats de la Cour Suprême auprès du
bureau du Procureur de l'Etat. La situation était en effet devenue absurde, puisque même si le secret concernait la sécurité nationale, le fait qu'il soit connu du monde entier ôte toute
justification à une censure uniquement nationale.
Mardi, la présidente du Conseil israélien de la Presse, Dalia Dorner, ancienne présidente de la Cour suprême avait elle même critiqué la mesure : "si le monde entier sait de quoi il s'agit, une censure est sans intérêt. "
Depuis plusieurs jours, des bloggers israéliens et des sites israéliens ne se gênent même plus pour diffuser les détails de l'affaire Kam, affublant ironiquement leurs articles d'un gros signe de sens interdit.
Lundi le quotidien yediot Aharonot a diffusé l'article d'une journaliste américaine sur une pleine page...en barrant tous les passages interdits.