Vendredi 29 janvier 2010
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Après des années de débats, de retards, de travaux et d'embouteillages dans Jerusalem, le tramway devrait faire bientot ses
premiers tours de roue, puisque les essais de rame sont prévus pour ce printemps, peut-être dès ce mois de mars. Les 14 kilomètres de ligne sont pratiquement terminées, 44 rames Alstom
attendent déjà , l'ouverture au public devrait avoir lieu en 2011.
Mais l'Autorité Palestinienne intensifie sa campagne politique contre le tramway. Car le tracé de la ligne relie Jerusalem-Ouest (la partie juive) au quartier de colonisation de Pisgat Zeev à
Jerusalem-Est, en traversant le quartier arabe de Shuafat. Pour les Palestiniens, le tramway reconnait ainsi l'annexion de Jerusalem- Est par Israel, officialise une colonie et
transforme l'occupation israélienne en un fait accompli.
Et c'est un tramway "français" qu'attaque aussi les Palestiniens. En effet, les compagnies françaises Alstom - pour l'infrastructure et les rames- et Veolia -pour le fonctionnement -
, font partie du consortium constructeur franco-israélien Citypass. En France, elles sont attaquées en justice par l'Association France Palestine, qui accuse ces grandes compagnies de
rompre avec le droit international ; la convention de Genève interdit en effet à une puissance occupante de changer la nature des territoires occupés. Dernièrement le Tribunal de Nanterre
s'est déclaré "compétent" sans toutefois fixer de date pour l'affaire. Veolia, prudemment, a annoncé son intention de céder ses 5% de part à la compagnie d'autobus isralienne Dan. "Un
faux nez " dit un connaisseur du dossier, puisque Veolia poursuivra tout de meme la gestion du tramway, meme sans etre officiellement actionnaire. Alstom, à hauteur de 20% dans Citypass,
n'a pas voulu céder.
Les Palestiniens entament aussi un combat diplomatique et international et veulent soulever la question lors du prochain sommet de la Ligue Arabe en mars. "C'est le moins que les pays
arabes puissent faire pour défendre les droits palestiniens sur Jerusalem" a déclaré un conseiller de Mahmoud Abbas. Pour Hind Khoury, déléguée palestinienne en France, ce nouveau combat est à
la mesure de la frustration palestinienne envers un processus de paix en panne. "Ces dernières années, nous avions confiance en un processus de paix et à l'aboutissement de négociations.
Aujourd'hui, nous saisissons la voie légale". Une manière de se battre pied à pied sur le terrain et dans l'enceinte diplomatique contre le fait accompli israélien.
La municipalité de Jerusalem affirme elle que le tramway, qui comptera aussi 3 stations dans le quartier arabe de Shuafat, n'est qu'un développement utile à toute la population, Juifs et
Arabes. C'est aussi l'argument des compagnies françaises qui affirme que les lignes du tramway ne modifient pas plus la géographie politique des lieux qu'un aménagement d'une ligne de
bus.
Par Denis Brunetti
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Publié dans : Société palestinienne
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