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Denis Brunetti
Au cœur du Proche Orient je couvre pour TF1 et LCI l'actualité et ses crises mais aussi la vie
quotidienne et ses surprises. Au delà des reportages de 13H ou de 20H, je veux vous raconter ici d'autres fragments, d'autres photographies de la misère à Gaza, des branches de Tel Aviv ou du
bouillonnement du Caire. Ici je ne couvre pas... je découvre .
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Le quotidien Yediot Aharonot rapporte ce matin l'étonnant secret du Mossad : il y a un rabbin attaché aux services secrets israéliens pour les conseiller sur la pratique religieuse. Un religieux dont le nom, la photographie sont naturellement interdits à la publication mais qui a bel et bien été recruté l'année dernière par le directeur du Mossad, Meir Dagan. Depuis sa création en 1949, les services secrets se sont surtout appuyés sur des personnels laics, mais depuis quelques années, le Mossad compte aussi des juifs pratiquants et même des juifs orthodoxes qui peuvent se poser des questions dans leur pratique.
Aussi a-t-on fait appel au Rabbin S. La première réponse du rabbin fut de refuser, mais le Directeur a insisté. Et le religieux est alors allé consulter des rabbins éminents qui lui ont conseillé d'accepter la tâche s'il avait de réels pouvoirs. Le rabbin a donc finalement accepté à la condition de pouvoir consulter ses correligionnaires dans des cas délicats, sans pour autant révéler les actions du Mossad.
Le journal souligne que les questions religieuses avaient déjà émergé dans les opérations. Si un agent à l'étranger , par exemple, recrute quelqu'un , tout en lui cachant qu'il travaillera en fait pour le Mossad, peut-il le rencontrer dans un café, un bar, une gare, des endroits qui ne sont pas a priori casher?S'il refuse par exemple de manger des produits non casher, du porc , ou de mélanger produits laitiers et viandes, etc, il risque de se dévoiler. La loi religieuse lui permet-elle alors de ne pas manger kasher dans ces cas là?
Un autre problème concerne la nécessité du secret vis à vis de sa mère, ou de sa fiancée. Pour le Mossad, il est interdit à un agent de dévoiler son travail. Mais pour la loi religieuse, s'il dissimule à sa fiancée qu'il peut etre en danger, qu'il sera absent et n'accomplira pas son devoir conjugal etc, la femme pourra ensuite demander le divorce et même une pension, comme si le fiancé avait dissimulé un handicap physique avant le mariage.
Le rabbin qui a étudié la question a ,parait-il, émis un long jugement en conseillant à l'officier concerné de dire à sa femme la vérité...mais pas toute la vérité. Il devrait lui dire qu'il a un métier dangereux, mais sans dire ce qu'il fait, ni l'unité où il sert.
Le rabbin S. a , selon les informations du journal, servi lors de la guerre du Kippour comme chef de tank. Plus tard il a
été aumonier militaire pendant 27 ans, suivant en particulier les unités combattantes lors de la première guerre du Liban.