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Denis Brunetti
Au cœur du Proche Orient je couvre pour TF1 et LCI l'actualité et ses crises mais aussi la vie
quotidienne et ses surprises. Au delà des reportages de 13H ou de 20H, je veux vous raconter ici d'autres fragments, d'autres photographies de la misère à Gaza, des branches de Tel Aviv ou du
bouillonnement du Caire. Ici je ne couvre pas... je découvre .
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Les fêtes de Pessah sont finies et le gout des matzot (les pains azymes) s'éloigne. Généralement sans regret pour beaucoup d'Israéliens qui apprécient peu ces craquottes sans grand gout qui remplacent le pain durant 8 jours.
Curieusement, ceux qui en raffolent ce sont les Arabes Israéliens ou Palestiniens de l'intérieur . (Ces Palestiniens, restés après la création de l'Etat en 1948, habitent en particulier la Galilée, au nord du pays et forment 20% de la population d'Israel. Ils ont le statut de citoyens israéliens).
Un reportage d'Associated Press a par exemple interrogé à Umm Al Fahm, une mère de famille musulmane, Umaima Igbaria, qui sortait d'un supermarché avec un carton de matzot :" On en mange du premier au dernier jour des fêtes juives, quand on en a plus à la maison, on fonce en racheter". Peu importe pour elle que ce soit "de la nourriture juive", le mari, les enfants, tout le monde en mange, souvent avec le thé ou arrosé de nutella.
Wisad Jamil, une autre mère de famille, ajoute :" Les enfants adorent, ils mangent ça comme des petits gateaux. Les juifs mangent bien notre pain (les pitas , ndr), on mange leurs matzot ".
Le propriétaire du magasin de cette ville totalement arabe a commandé 4 tonnes de matzot, qui partent..comme des petits pains . Certes, certains clients arabes ne veulent pas en acheter, dit il, pour des raisons idéologiques mais la plupart se sont habitués à ce mélange des genres. "On ne peut pas dire que Juifs et Arabes forment un seul peuple, mais nous partageons la même terre. Alors pourquoi pas le même pain?"
A l'inverse, la plupart des Juifs n'aiment pas beaucoup les matzot même s'ils s'y tiennent par tradition et par religion. Les moins religieux vont acheter du pain dans les magasins arabes. Certains l'émiettent dans du lait chaud pour en faire du porridge. Il s'en trouve qui s'en servent comme de pâte pour composer des lasagnes, généreusement arrosés de sauce tomate.
D'après cette petite enquête, ceux qui décidément n'en mangent pas, ce sont les Palestiniens de Jerusalem-Est et des
Territoires Palestiniens de Cisjordanie ."Je n'aime pas tout ce qui vient d'eux" dit un taxi palestinien. "Et puis le pain c'est meilleur". Et là il est sans doute
d'accord avec de nombreux Israéliens.