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Denis Brunetti
Au cœur du Proche Orient je couvre pour TF1 et LCI l'actualité et ses crises mais aussi la vie
quotidienne et ses surprises. Au delà des reportages de 13H ou de 20H, je veux vous raconter ici d'autres fragments, d'autres photographies de la misère à Gaza, des branches de Tel Aviv ou du
bouillonnement du Caire. Ici je ne couvre pas... je découvre .
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Un tribunal de Tel Aviv a donc finalement décidé de lever l'ordre de censure exceptionnel, qui courait depuis 3mois et demi,
sur demande des services de renseignements.
Les medias israéliens - et notre blog - peuvent à présent évoquer donc cette fameuse affaire Anat Kam . C'est le nom d'une jeune Israélienne de 23 ans, qui , durant son service
militaire de 2005 à 2007, a collecté environ 2000 documents classifiés dans le bureau du général Yair Naveh, Commandant de la Région Centre , c'est à dire la Cisjordanie. Ces 2000 documents
concernaient des objectifs militaires, des opérations, des noms de code ou les methodes des unités spéciales. Anat Kam avait apparemment accès à l'ordinateur du Général.
A la sortie de l'armée, elle travaille pour le site internet Walla, lié au quotidien Haaretz. Et c'est apparemment pour des
raisons idéologiques qu'elle transmet des documents à un journaliste du Haaretz, Uri Blau. Celui-ci s'en serait servi par exemple pour un article de novembre 2008, qui dénonçait des assassinats
ciblés en Cisjordanie, exécutés contrairement aux décisions de la Cour Suprême israélienne. Cet article avait autorisé par la censure.
Pourtant aujourd'hui Anat Kam, mise officiellement au secret à domicile depuis 3 mois et demi, risquerait la prison à vie pour espionnage aggravé . Et le journaliste Uri Blau attend à
Londres, négociant apparemment son retour contre le fait qu'il rende tous les documents en sa possession.
Pourquoi l'enquête éclate-t-elle aujourd'hui? Selon l'avocat de Haaretz, " des histoires ont été publiées (basées sur les documents d'Anat Kamm), elles ont toutes été approuvées par la censure. Mais, apparemment quelqu'un s'est énervé. Et il est possible que cette personne très énervée ait décidé de trouver un bouc émissaire et a placé Uri Blau au sommet de l'affaire. Résultat, l'Etat demande aujourd'hui qu'Uri Blau rende tous les documents qu'il a. Rien de spécifique n'est précisé, ni papier, juste en général que "tout" soit rendu. Et non seulement cela, mais ils ne promettent pas qu'ils ne chercheront pas à connaitre ses sources".
Un porte-parole de la jeune Anat Kamm a déclaré que les "fuites" étaient motivées par des considérations morales :" c'est
une Israélienne, une Sioniste, elle était contre le refus d'obéir, elle n'avait aucune intention de nuire à la sécurité d'Israel". Son avocat parle de "bouc émissaire". Il fait
remarquer que si les charges avaient été effectivement gravissimes et menacé la sécurité de l'Etat, comme on le dit aujourd'hui, on l'aurait arrêtée, et on ne l'aurait pas laissée en liberté,
utilisant librement internet, et parlant avec des dizaines de personnes depuis.
Le chef du Shin Beth (les services de renseignements), Youval Diskin, a fait une conférence de presse exceptionnelle ce
matin, affirmant que le Shin Beth et la Police voulaient interroger Uri Blau. " Pour nous c'est un cas grève en termes de danger sécuritaire. L'affaire n'est pas finie. Nous voulons récupérer
tous les documents".