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Denis Brunetti
Au cœur du Proche Orient je couvre pour TF1 et LCI l'actualité et ses crises mais aussi la vie
quotidienne et ses surprises. Au delà des reportages de 13H ou de 20H, je veux vous raconter ici d'autres fragments, d'autres photographies de la misère à Gaza, des branches de Tel Aviv ou du
bouillonnement du Caire. Ici je ne couvre pas... je découvre .
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Le président Obama a certes partagé un repas de Seder pour Pessah, il est moins sûr qu'il le partagerait avec Benyamine Netanyahu. D'ailleurs, à Washington, on note que le président américain a souhaité aussi des voeux aux Musulmans pour le Ramadan, ou aux Iraniens pour le Nouvel An perse.
Le véritable plat de résistance, c'est le Premier Ministre Israélien qui est en train de le digérer depuis son retour de
Washington. Car selon le quotidien Haaretz, les "demandes" américaines ne seront pas faciles à avaler ; c'est une liste de 10 exigences, dont 4 concerneraient le sort de Jerusalem-Est. La plus
notable est le gel de toute construction à Jerusalem-Est pendant au moins quatre mois, c'est à dire la durée prévue de négociations qui s'ouvriraient bientôt avec les Palestiniens.
En échange, les Etats-Unis feraient pression sur Mahmoud Abbas pour qu'il accepte même des discussions directes avec le Premier ministre israélien, comme Netanyahu l'a souvent
préconisé .
Sur la question de Jerusalem, il serait aussi demandé de laisser ouvrir une représentation palestinienne à Jerusalem-est , comme par exemple la Maison de l'Orient, fermée depuis plusieurs années , de ne raser aucune maison palestinienne et de n'évacuer aucune famille arabe durant ces négociations.
Netanyahu à son retour de Washington, aurait déjà discuté en cabinet restreint de ces "demandes". Plusieurs ministres refusent de se conformer aux exigences américaines. Un scénario possible serait cependant un gel "tacite" auprès de l'administration américaine, sans qu'aucune annonce ou promesse de gel officiel ne soit faite.
En fait, la diplomatie israélienne craint même que les Etats-Unis n'allient leurs pressions aux Européens pour faire bouger
la donne, ou même imposer pratiquement un plan de paix à Israël.
A noter les quelques petites phrases lâchées hier soir sur la question par Nicolas Sarkozy et par Barack Obama.
Le président français affirmant lors de sa visite que les colonisations "ne mènent à rien" et que "l'absence de paix dans la région est un problème pour tout le monde, car cela nourrit le terrorisme".
Tandis qu'Obama soulignait sur MSNBC "Je crois que Netanyahu comprend intellectuellement qu'il doit faire des pas courageux. Je pense que politiquement il s'en rend compte".
Mais alors que les éditiorialistes soulignent les difficultés de Netanyahu, ou la fermeté d'Obama -qui "enfonce le couteau dans la plaie" , écrit l'un d'eux - l'ancien consul israélien à New york, Alan Pinkas, donne une vision moins mélodramatique en évoquant dans une tribune du Yediot Aharonot, un "prix raisonnable à payer" . Le président Obama est simplement froid et " réaliste", dit-il, et Israel n'a que deux intérêts principaux qui doivent l'emporter sur tout le reste ; les relations avec le partenaire américain qui doivent être réajustées et la poursuite d'un processus diplomatique avec les Palestiniens. "Tel est l'agenda et tel est le président au pouvoir".
Aucune réunion prochaine du cabinet restreint n'est encore annoncée après Pessah (la semaine prochaine).