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Denis Brunetti
Au cœur du Proche Orient je couvre pour TF1 et LCI l'actualité et ses crises mais aussi la vie
quotidienne et ses surprises. Au delà des reportages de 13H ou de 20H, je veux vous raconter ici d'autres fragments, d'autres photographies de la misère à Gaza, des branches de Tel Aviv ou du
bouillonnement du Caire. Ici je ne couvre pas... je découvre .
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La Radio de l'Armée a elle-même évoqué ce matin l'affaire Anat Kam, qui est sous le coup de la censure pour les medias
israéliens , même si l'affaire est largement relatée dans de nombreux medias étrangers. La radio cite la critique virulente de l'ancienne Présidente de la Cour Suprême, Dalia Dorner :"
Ce qui est en jeu est une décision de censure judiciaire. C'est un cas extrême et je le regrette profondément. Il y a une possibilité de combattre de telles décisions et il faudrait le faire.
Cela devrait aller à la Cour Suprême afin d'adopter des principes appropriés".
Mais à l'inverse, l'ancien directeur-adjoint du Shin Beth (les services de renseignements intérieurs) Yoel Hasson défend la décision :"le Shin Beth, le Mossad ou l'Armée sont en charge d'une chose : la manière la plus efficace de maintenir la sécurité de l'Etat et la protection des citoyens. Personne n'a a priori envie de garder des secrets".
L'affaire Anat Kam, toujours sous black out officiel en Israel, est pourtant répandue dans ..250 articles en répertoriés par
Google, dont certains remettent en cause le système de censure en Israel. Il est vrai qu'Internet est un véritable défi à toutes les censures de l'information et qu'il est facile de "sourcer" un
article d'un site étranger . Il arrive régulièrement qu'un correspondant étranger, en possession d'informations censurées, fasse signer son papier par la rédaction à Paris, Londres ou New
York.
Dans l'affaire
actuelle, le journal Yediot Aharonot a même republié un article écrit par la journaliste américaine Judith Miller en montrant les passages interdits.
Certains blogs défient même carrément la Censure comme Tikun Ha Olam qui suit l'histoire depuis plusieurs jours.
Cette loi sur la censure date en fait du Mandat Britannique, avant la création de l'Etat d'Israel qui l'a reprise à son compte. Au départ, une liste de 61 sujets sensibles avait été établie, ils sont aujourd'hui une quarantaine, qui vont de la sécurité militaire au nucléaire ou même à l'immigration de Juifs venant de pays arabes. Si l'on imagine aisément la censure de secrets-défense ou d'objectifs militaires, de mouvements de troupes, ou même l'annonce de la mort de soldats avant que les familles ne soient prévenues, d'enquêtes de police etc... la censure peut s'étendre très loin comme dans ce dernier cas.
En fait les grands journaux israéliens ont des négociations réculières avec le bureau de la censure militaire. Des milliers d'articles sont ainsi soumis à examen avant publication mais une infime partie est "corrigée" ou "interdite". En cas de désaccord flagrant entre medias et censeurs, c'est un tribunal qui tranche, en présence d'un représentant de l'Armée, d'un journaliste et d'un magistrat.
Actuellement le quotidien Haaretz tenterait une négociation avec le bureau de la censure. Il est vrai qu'un des
journalistes du Haaretz, Uri Blau, a dû pratiquement fuir le pays depuis 3 mois sous peine d'être lui aussi arrêté. Selon le quotidien britannique The Independant, il attend
actuellement à Londres les négociations de son journal avec les autorités.