Dimanche 30 août 2009
7
30
/08
/Août
/2009
16:11
Il s'appelle Ernst Uhrlau, 62 ans. Ce petit homme aux cheveux gris, dont les journaux allemands ont publié
maintes photos est pourtant le discret patron du BND, les services secrets allemands et c'est aujourd'hui l'homme de la négociation entre Hamas et Israêl pour la libération du soldat
Gilad Shalit, détenu depuis plus de 3 ans dans la bande de Gaza après avoir été kidnappé à la lisière de Gaza par un commando mixte palestinien du Hamas et de deux autres groupes.
Ernst Uhrlau n'est pas n'importe qui et peut se targuer de quelques succès dans des négociations délicates au Moyen Orient. En 2004, alors coordinateur des services de renseignements
allemands auprès du Chancelier Shroeder, il réussit à organiser un échange entre le Hezbollah libanais et Israel ; 400 prisonniers arabes contre les dépouilles de 3 soldats israéliens
et la libération d'un homme d'affaires israélien. En 2005, il est nommé Directeur du BND par Angela Merkel. En 2006, il envoie l'un de ses agents, nom de code Gehrard Konrad, pour organiser un
nouvel échange entre le Hezbollah libanais et Israel .
Aujourd'hui, il est entré dans la médiation entre le Hamas et Israël, ce qui aurait légèrement vexé l'Egypte chargé jusque là de l'affaire. Selon Der Spiegel, les négociations auraient avancé
puisqu'un plan aurait été proposé au Hamas, qui devrait donner sa réponse dans les prochains jours. Le scénario est similaire aux précédentes tentatives, à quelques nuances près. 450 prisonniers
palestiniens, dont un certain nombre détenu pour des attentats meurtriers, seraient libérés. Certains ne pourraient revenir dans Gaza ou la Cisjordanie, mais seraient exilés pour un an dans des
pays tiers (le Soudan, la Syrie et deux pays européens auraient accepté de les accueillir). Gilad Shalit serait alors transferré en Egypte,avant d'être libéré définitivement. Puis , comme dans la
méthode utilisée avec le Hezbollah, d'autres libérations de prisonniers par Israël auraient lieu plus tard , sans échéance définie, en geste de bonne volonté pour conclure le
"deal".
Selon certaines rumeurs, le Hamas demanderait aux prisonniers leur accord pour "l'exil". Officiellement, le responsable du Hamas en charge du dossier, le Dr Al Muzeini, affirmait ce dimanche qu'un
certain nombre de phases demandait" à être élaborées avant qu'un échange puisse être assuré"
Le scénario est semble-t-il suffisamment avancé pour que Uzi Arad, le conseiller à la Sécurité du Premier Ministre Israélien, est demandé le silence au correspondant du Spiegel à
Jerusalem, Christoph Shult, et certaines versions évoquent même une menace voilée.
Dans le concert de rumeurs provenant depuis quelques jours aussi bien du journal allemand que de medias palestiniens et arabes, le Premier Ministre Netanyahu a , lui, voulu modérer les
attentes en déclarant qu'il y avait " beaucoup d'exagération et des informations inexactes" sur le sujet.
Par Denis Brunetti
-
Publié dans : Shalit
0