Denis Brunetti
Au cœur du Proche Orient je couvre pour TF1 et LCI l'actualité et ses crises mais aussi la vie quotidienne et ses surprises. Au delà des reportages de 13H ou de 20H, je veux vous raconter ici d'autres fragments, d'autres photographies de la misère à Gaza, des branches de Tel Aviv ou du bouillonnement du Caire. Ici je ne couvre pas... je découvre .

Avis aux commentateurs

Le blog relève du régime de la loi sur la Confiance et l'Economie numérique (LCEN) du 21 juin 2004.

A ce titre, le blogueur pourra voir sa responsabilité engagée dans les cas prévus par la loi sur la presse et la communication  de même qu'il est passible des dispositions de l'article 227 du code pénal au titre de la diffusion de message à caractère violent ou pornographique, ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité de la personne humaine.
L’auteur   se réserve donc  le droit de  retirer, à tout moment et sans mise en demeure tout commentaire  violent, injurieux, diffamatoire, portant atteinte à la vie privée ou portant atteinte à la dignité humain
e.

Jeudi 19 février 2009 4 19 /02 /Fév /2009 11:55
Le général de réserve Amos Gilad,54 ans, est l'homme des missions sensibles . C' est le principal négociateur israélien pour la trêve avec le Hamas. Il a multiplié les voyages au Caire pour le précédent accord il y a 7 mois, puis à nouveau après le cessez-le feu.L'Egypte, et en particulier le Chef des Renseignements Omar Souleiman, ont organisé un accord indirect entre le Hamas et Israël. Le week-end dernier, la trêve était sur le point d'être signée avec un accord sur l'ouverture des points de passage de Gaza; la fin de la contrebande d'armes, l'Egypte renforcant son controle sur Rafah avec des aides internationales etc..
Mais, samedi, Ehud Olmert decide que tout accord doit inclure la libération de Gilad Shalit et qu'il n'y aura même jamais de treve avant un accord sur la libération de Gilad Shalit . L'accord explose immediatement, le Président Mubarak qui l'avait annoncée ne cache pas son mécontentement.
Et un journal israélien insinue que le négociateur israélien Amos Gilad avait peut-etre forcé la main d'Olmert, travaillait trop en solo et..
ALors le sage négociateur, homme de secret, rompu à toutes les situations lui aussi explose. Et il faut lire ce qu'il confie à un ami, rapporté hier par le journal Maariv:

"Ecoute, j'ai lu tous ces trucs qu'ils ont balancé sur moi et je ne peux pas y croire. Tout est ecrit, chaque mot. je ne suis jamais  allé en Egypte tout seul. Je n'ai jamais eu de rencontre sen tête-à-tête.  A côté de moi, il y a toujours quelqu'un qui parle arabe, et quelqu'un qui vérifie. Je suis briefé avant de partir et quand je reviens, je rends compte au Ministre de la Defense, au Premier Ministre, d'habitude dans la même nuit. Generalement, la même nuit, je rends un rapport détaillé, par écrit, qui inclut tout et je l'envoie au Secretaire Militaire Kalifi, au Conseiller Politique Turjman, même si je n'ai aucune obligation envers lui.
Et puis, je ne comprends pas ce qu'ils veulent faire. Insulter les Egyptiens? Nous les avons déjà insultés. C 'est de la folie. De la pure folie. L'Egypte est resté presque notre dernier allié ici. Pour quoi faire ça ? Après tout, cela nuit à notre sécurité nationale. Notre problème ici c'est un choix entre de mauvais choix et de pires choix et même d'encore pires. Les Egyptiens ont montré un courage extraordinaire. Ils nous ont donné de la marge de manoeuvre, ils ont essayé de jouer les intermediaires, ils ont fait de gros efforts, ils montrent une bonne volonté qu'on avait jamais vu auparavant. C'est vrai que sur le terrain on arrive à 60% et pas à 100% comme le voudrait Amos Yadlin (le chef des Renseignements Militaires). Alors qu'est ce qu'on va faire? Mubarak a été honnête et courageux, la frontière de Rafah est fermé, le Hamas est sous blocus.
Qu'est ce qu'on imagine? Qu'ils travaillent pour nous? Qu'ils sont nos employés? Nous parlons d'un pays de 85 millions de citoyens, un pays qui nous a presque détruit en 1948 et nous a donné un coup sévère en 1973. Regarde ce qui se passe dans la région, la lave bouillonne, c'est le tumulte. Eux ont aussi les Freres Musulmans, regarde la Jordanie, regarde la Turquie. On veut perdre tout ça?
Avec respect pour Gilad Shalit,  ce n'est pas non plus clair ce qu'ils (le gouvernement) veulent. Où en est Ofer Dekel (le negociateur chargé des discussions sur Gilad Shalit). A ma connaissance, nulle part. Il n'est pas allé au Caire depuis bien longtemps. Il est en voyage privé actuellement. Dis moi, est qu'ils ont soumis une liste (de prisonniers palestiniens libérables)? Est ce qu'ils ont donné des noms? Ils ne font finalement qu'insulter l'Egypte. Au debut, ils ont proposé 70 noms, et c'est tout. (Le Hamas exigeait plus de 1000 liberations, ndlr) . Depuis, ils ont disparu. C'est comme ça qu'ils veulent ramener Gilad? Parce que, s'ils decident demain de liberer les prisonniers, ils auront Gilad le même jour. Par un vol direct du Caire. Parce que si on amene les prisonniers au passage d'Erez et qu'on le dit  au mégaphone, on aura Gilad immédiatement. Sans cela, on aura pas Gilad. C'est comme ca que ça marche avec les Arabes. C'est la mentalité. On peut conquerir toute la bande de Gaza et on ne l'aura pas. A moins de tomber accidentellement sur le trou où il est. Ils crèveront de faim avant de le rendre.
On avait reussi a créer un lien entre l'ouverture des passages et Gilad. Un lien partiel, mais un lien important. Ils n'auront pas de ciment ou de fer ou de matériaux.  Mais en dehors de ça, on a rien fait. Jusqu'ici le premier Ministre ne s'etait pas impliqué. Et tout d'un coup, les priorités changent. Soudain, il faut qu'on ait Gilad. Je ne comprends pas. Où ça mène d'insulter les Egyptiens?  On veut les pousser à  tout lâcher? Qu'est-ce qu'on y gagne?
 Qui va livrer les marchandises (à Gaza), sinon les Egyptiens?  Le Qatar' a deja basculé de l'autre cote, vers l'Iran. La Turquie vacille. Regarde le climat en Jordanie. Ils ne comprennent pas qu'on a besoin des relations avec ces pays plus que n'importe quoi? C'est notre sécurité dans la région. Et eux ils vont voir les medias, et ils vont dire que je ne leur fais pas les bons rapports, que je travaille en solo. C'est de la folie. Ce sont des mensonges. De purs mensonges. Je mets les points sur les i, je suis scrupuleux à  chaque nuance. Je ne bougerais pas d'un centimetre sans eux. Ils savent tout, et ils ont tout su , tout le temps. Et maintenant, ils agissent comme si Mubarak etait leur employé. C'est vrai, on pourrait avoir mieux. Mais ce qui se passe est étonnant. C est important, crucial. On ne peut pas l'endommager. Nous avons construit des relations de confiance, de travail. Je parle avec eux parfois jusqu'à 4 heures du matin.C'est délicat.
Après tout, ils ont fait la paix avec nous, non? Et si demain, ils s'apercoivent soudain qu'on le regrette, je ne veux même pas penser à cela".
Par Denis Brunetti - Publié dans : Negociations
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Retour à l'accueil
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés