Vendredi 29 août 2008
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Les voies de l'information sont impénétrables et les distances ne sont pas ce qu'on croit... Le correspondant de
Jerusalem et du Moyen Orient se retrouve donc en Georgie.
Il est bien plus court de partir de Tel Aviv que de Paris pour se rendre à Tbilissi.
J'arrive donc dans cet aeroport flambant neuf en pleine nuit, la langue georgienne me semble un mystere,(apparenté au mingrélin, au laze et au zvane, langues des rives de la Mer Noire) l'alphabet
georgien créé par Pharnavaz 1er d'Iberie (!) ferait penser à une langue asiatique (sri-lankais?thailandais?).
Première journée à Akhalgori, territoire georgien à la lisière de l'Ossétie du Sud.. Les miliciens ossètes ont poussé leur avantage depuis 15 jours et occupent la région, habitée de Georgiens et
d'Ossètes... ou plutot qui était habitée puisqu'une majorité a fui des le début de la guerre. Bernard Kouchner a repris des craintes d'organisations humanitaires et dénoncé une éventuelle
"épuration ethnique". Nous sommes entrés dans la région, après des checkpoints russes. Ville fantome, villages déserts mais pas trace de violences. Il reste des vieux assez inquiets. La crainte des
milices a sans doute suffi au départ. Des miliciens nous interpellent. L'interprète et le chauffeur georgien n'en mènent pas large... La soldatesque jette des regards envieux sur le 4X4. Des
équipes de journalistes se sont deja fait "confisquer" leur voiture. Il nous faut quitter la ville..
Quelques kilomètres à la sortie, au barrage georgien, plutot symbolique, des observateurs de l'OSCE, dont un officier français, s'enquèrent de la situation.
Retour à Tbilissi, à 60 kilomètres où l'on est bien loin d'une atmosphère de "guerre". Certes "l'etat de guerre" a été déclaré, les écoles sont parfois occupées par des réfugiées, mais le
centre est toujours animé, bars.. restaurants.
Tres loin d'Israël et de la Palestine. Et puis, au coin d'une rue, une synagogue arbore fièrement un drapeau israélien.
Deuxième jour. Route vers la Mer Noire. Quelques 5 heures dans la campagne, en passant par Gori qui porte encore les traces de l'avancée russe. Des batiments détruits, des murs noircis, des impacts
de balles, ici et là mais on reconstruit déjà. A la sortie de la ville, un camp de tentes pour les réfugiés.
Plus loin, la Georgie de l'Ouest, des montagnes, le serpentin d'une rivière, et l'arrivée sur Poti, le port pétrolier où campent encore des Forces spéciales russes. On aperçoit leur campement à la
sortie dela ville. Ils patrouillent parfois avec un blindé et surtout controlent les mouvements du port. Du coup , les navires américains qui devaient amener de l'aide humanitaire ont débarqué plus
bas sur la cote. Mais à Poti, les habitants ne semblent pas trop effrayés. "Les Russes ne sont pas très visibles, il n'y a pas eu de problème avec la population". Les forces de
Moscou ont cependant créé des dommages dans l'enceinte du port et verrouillent toujours ce port purement georgien... qui n'a rien à voir avec l'Abkhazie, plus au nord.
Pourtant, dans le coucher de soleil,
on se baigne dans la Mer Noire. Il fait chaud. Des cargos mouillent aularge. La confrontation russo-américaine semble ici surtout symbolique.
Les navires américains ont débarqué leur chargement à Batoumi, plus au sud. Un port et une station balnéaire, plutot vide avec les événements.
Les déclarations diplomatiques, les analyses, le thermomètre de la tension entre la Russie, l'Europe et les Americains remplissent l'actualité tandis que la Georgie essaie de continuer à vivre
simplement. En cette fin d'été,la croisette de Batoumi est assez déserte. Deux bars de plage font résonner de la techno mais la piste est déserte. Les marchands de pépites de tournesol ne font pas
recette.
Comme si le sort de ce coin de Caucase était suspendu aux discussions dans des immeubles de Bruxelles, Moscou , New York, Paris..
Par Denis Brunetti
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Publié dans : Georgie
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