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Denis Brunetti
Au cœur du Proche Orient je couvre pour TF1 et LCI l'actualité et ses crises mais aussi la vie
quotidienne et ses surprises. Au delà des reportages de 13H ou de 20H, je veux vous raconter ici d'autres fragments, d'autres photographies de la misère à Gaza, des branches de Tel Aviv ou du
bouillonnement du Caire. Ici je ne couvre pas... je découvre .
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Reportage dans une décharge , au fond de la misère palestinienne. Parfois les ordures en disent long sur la société.
. Hier on nous avait chassé de celle de Ramallah. Nous sommes descendus dans le sud dela Cisjordanie, près d' Hebron, dans les collines pierreuses, au milieu de nulle part . .
C'est la décharge d'Al Makeb. Une noria de camions-bennes amènent des tonnes d'imondices. Des bulldozers repoussent sur les bords et aplanissent. Pour entrer, Naji, notre fixer palestinien , a négocié avec le "chef" des misérables qui fouillent les ordures dans une odeur pestilentielle. La noria des camions déchargent des tonnes d'ordures, des bulldozers repousssent les saletés .
Au bout de 5 minutes de tournage, Jamil, le cameraman, vomit sur le côté.
Sur ce terrain, ils sont quelques dizaines, des adultes et des enfants, 13, 14 ans mais l'un ne doit pas meme atteindre les 10 ans. Le visage sale, certains en haillons, les mains noires, l'odeur d'ordure.
Le contact se fait doucement. . Ils "travaillent" ici tous les jours de 5 h du matin à 6 heures du soir. Ils récupérent, du fer, des fils de cuivre, des boites de conserve vides, quelques vêtements. "On a pas de travail en Israël, on a pas le droit d'y aller, c'est tout ce qu'on a comme boulot. Il faut bien qu'on nourrisse nos familles" ,
"Les ordures d'Israël c'est plus intéressant que les palestiniennes. On trouve du fer, des bonnes choses., raconte un jeune en montrant une grosse boite de conserve écrasée.
Un nouveau camion arrive. Ils lachent la discussion pour se précipiter autour du monceau d'or
dures que crache la benne. Des enfants montent sur les pistons, grimpent jusque dans les déchets. A qui trouvera le meilleur morceau..
"Si quelqu'un voit quelque chose, et un autre le prend, c'est difficile de régler l'histoire, ca finit vite en bagarre".
Le ton monte vite de l'un à l'autre, on se bouscule. puis chacun a le regard baissé, par terre, sur les détritus.
Ali nous dit q
u'il ne va pas à l'école pour aider son père :"L'education ca sert à rien, explique le père à côté, qui nourrira ses frères? Moi j'ai eu une crise cardiaque, il faut qu'il m'aide. ici On est 11 dans la famille et ma femme attend des jumeaux.."
Il a mis un foulard palestinien pour masquer son visage. "Si , avec la télé, ils me voyaient au village, il dirait :tiens c'est le type dégoutant qui travaille dans les ordures. Ils m'eviteraient".
La misère pour 20 shekels par jour, 3euros et demi, alors qu'un gros sac de farine coute 200 shekels.
"La situation devient plus dure ,raconte un adulte. L'occupation israélienne empêche qu'on travaille. Ils ferment tout. Il y a le Mur, on a pas de permis pour les barrages. Et ici il y a de moins en moins de bonnes choses parce qu'on est de plus en plus à vivre dessus."
Ils parlent de leur misère, ils demandent de l'argent, l'un devient menaçant, il est temps de filer. Naji (ici au milieu du groupe) temporise avec les adultes pendant que le jeune Ali me dit :"Reviens un jour, je t'inviterai chez moi".
Avant de partir, je leur ai demandé si des médecins, le Croissant Rouge ou des humanitaires venaient les voir. "Non, il n'y a personne pour nous aider.. sauf Allah"
Le reportage devrait être diffusé ce samedi 3 novembre dans le journal de 20H