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Denis Brunetti
Au cœur du Proche Orient je couvre pour TF1 et LCI l'actualité et ses crises mais aussi la vie quotidienne et ses surprises. Au delà des reportages de 13H ou de 20H, je veux vous raconter ici d'autres fragments, d'autres photographies de la misère à Gaza, des branches de Tel Aviv ou du bouillonnement du Caire. Ici je ne couvre pas... je découvre .

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e.

Dimanche 2 mars 7 02 /03 /Mars 00:01

Ce matin, je suis entré à Gaza, la frontière était fermée jusque là pour le Shabbat. Au passage d'Erez, des salves de mitrailleuses résonnent au loin. La route Salaheddine, du Nord au Sud, est dangereuse maintenant. Des tanks israéliens sont postés à la limite de Jabaliya.
Dans Gaza, les magasins, les écoles, les universités sont fermés. 3 jours de deuil national après les bombardements meurtriers d'hier. Dans les rues, les défilés funéraires se succèdent.

A midi, les brigades Ezzedine Al Qassam du Hamas tiennent une conférence de presse devant des dizaines de caméras. 3 hommes cagoulés, armés, apparaissent. Un porte-parole explique en détail l'embuscade menée à Jabaliya contre les soldats israéliens la nuit dernière. C'était une opération parfaitement organisée, affirme le Hamas. Des hommes étaient cachés dans des trous. Les Israéliens ont été pris en tenaille. 2 soldats ont été tués.  Pour le reste, les miliciens répondent à peine aux questions. Pas de commentaire sur les roquettes lancées sur Ashkelon. Mais vous frappez des familles, des civils ? demande une journaliste.Nos roquettes sont une réaction à l'occupation des territoires palestiniens, déclare l'homme cagoulé. Pas un mot de plus. Et le soldat israélien Gilad Shalit, toujours en otage, est-il menacé dans les batailles d aujourd'hui? Non, nous le gardons toujours pour un échange avec des prisonniers palestiniens.
Puis les 3 hommes s'en vont tranquillement à pied, dans la rue.

Avec Azmi, mon fixer-cameraman de Gaza, nous passons l'après-midi dans les rues de Jabaliya.  Les artères sont vides. C'est ici que les principaux combats ont été menés depuis hier. "Nous sommes sur la principale ligne de front" dit un membre du Jihad Islamique , cagoulé, qui n'arrête pas de communiquer par talkie walkie avec "la Coordination". Des combattantscagoulés, ou non, sont au coin des rues. Des enfants, des badauds envahissent aussi les rues. Des salves de tirs retentissent. Des pneus ont été brulés sur la chaussée, pour que la fumée noire dissimule les combattants des drones israéliens qui filment depuis le ciel.

Des habitants fuient le quartier. Près des tanks, il n'y a plus d'eau et d'électricité dans les maisons, immpossible de sortir dans la rue sans risquer d etre dans la ligne de mire de snipers israéliens. Dans une accalmie, des familles fuient.

"Les tanks se retirent" dit un milicien.Est-ce une manoeuvre? 3 soldats israéliens sont touchés dans des escarmouches. Et tout près, on lance encore des roquettes sur Sderot. Un hélicoptère bombarde soudain une rampe dans un terrain vague. Une énorme détonation et un panache de fumée.

Les sirènes des ambulances hurlent. Dans une immense avenue vide, une petite fille leur fait des signes pour les guider vers l explosion.Tout à l'heure, un ambulancier nous racontera qu'un des véhicules a reçu des tirs dans le pare-brise. "Hier c etait bien pire, nous n'avions pas assez d'ambulances. Nous économisons le fuel. Il a fallu à un certain moment embarquer 7 blessés dans la meme voiture." Aujourd'hui, ils ont ramassé 2 morts et 7 blessés.

Au coin de la route Salaheddine, nous montons dans un immeuble pour parler à une famille. Nous rencontrons ainsi Mahmoud Omar, un homme d'une cinquantaine d'années qui nous offre le thé. Sur la table, des livres d'anglais, un dictionnaire anglais. Le fils est professeur d'anglais. Et Mahmoud, en apprenant que nous travaillons pour une chaine francaise se met à me parler français. Il a passé 6 mois à Lyon et Grenoble, explique-t-il. Il a vu la Tour Eiffel. Il est tellement content de parler son français balbutiant. "Je n'ai tellement pas l'occasion de parler français avec quelqu'un ici".. On rit ensemble de cette rencontre surprenante.

Des tirs, les rues se vident à nouveau. Des voitures de presse passent à toute vitesse. Les Israéliens sont postés sur des hauteurs, mais ne sont pas vraiment entrés au coeur de Jabaliya. L'opération "Hiver Chaud" , destinée officiellement à "nettoyer" certaines zones de lancement de roquette, semble marquer le pas. Les échos de protestation de la communauté internationale arrivent jusqu'ici. Dans les territoires de Cisjordanie, des émeutes de jeunes attaquent des checkpoints. Jets de pierre, quelques cocktail molotov. Le gouvernement israélien joue-t-il avec le feu?

Ce soir, des chasseurs F16 vrombissent dans le ciel. Encore des bombardements sans doute cette nuit.

Par blog-correspondant-a-jerusalem-tf1 - Publié dans : blog-correspondant-a-jerusalem-tf1
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